Extrait de l'encyclique "RAPPORT DE L'EGLISE ET DE L'ETAT" dans les temps actuels, aux archevêques, aux évêques, au clergé et à tous les catholiques de France. 16 février 1892
"Au milieux des sollicitudes..."
"Or; cette nécessité sociale justifie la création et l'existence des nouveaux gouvernements, quelque forme qu'ils prennent; puisque, dans l'hypothèse où nous raisonnons, ces nouveaux gouvernements sont nécessairement requis par l'ordre publique, tout ordre publique étant impossible sans un gouvernement. Il suit de là que, dans de semblables conjonctures, toute la nouveauté se borne à la forme politique des pouvoirs civils, ou à leur mode de transmission; elle n'affecte nullement le pouvoir considéré en lui même. Celui-ci continu d'être immuable et digne de respect; car, envisagé dans sa nature, il est constitué et s'impose pour pourvoir au bien commun, but suprême qui donne son origine à la société humaine. En d'autres termes, dans toute hypothèse, le pouvoir civil, considéré comme tel, est de Dieu et toujours de Dieu: "car il n'y a point de pouvoir si ce n'est de Dieu".
Par conséquent, lorsque les nouveaux gouvernements qui représentent cet immuable pouvoir sont constitués, les accepter n'est pas seulement permis, mais réclamé, voire même imposé par la nécessité du bien sociale qui les a fait et les maintient. D'autant plus que l'insurrection attise la haine entre citoyens, provoque les guerres civiles et peut rejeter la nation dans la chaos de l'anarchiste. Et ce grand devoir de respect et de dépendance persévérera, tant que les exigences du bien commun le demanderont puisque ce bien est, après Dieu dans la société, la loi première et dernière.
Par là s'explique d'elle-même la sagesse de l'Eglise dans le maintient de ses relations avec les nombreux gouvernements qui se sont succédé en France, en mois d'un siècle, et jamais sans produire des secousses violentes et profondes. Une telle attitude est la plus sûre et la plus salutaire ligne de conduite pour les Français, dans leurs relations civiles avec la république, qui est le gouvernement actuel de leur nation. Loin d'eux ces dissentiments politiques qui les divisent; tous leurs efforts doivent se combiner pour conserver ou relever la grandeur morale de leur patrie."
LEON XIII PAPE